En semant des paraboles (Mc 4,1-3a)

Au bord de la mer, en mer, près de la mer. En quoi cette mer est-elle si importante ? Ce genre de répétition n'est jamais anodin chez Marc. S'il insiste sur ce terme, c'est bien qu'il veut souligner ce cadre.
Commentaires des passages bibliques
Au bord de la mer, en mer, près de la mer. En quoi cette mer est-elle si importante ? Ce genre de répétition n'est jamais anodin chez Marc. S'il insiste sur ce terme, c'est bien qu'il veut souligner ce cadre.
Ce récit de Marc nous amène à voir et à entendre la réaction de son entourage. Cette mention de la famille, qui intervient deux fois (3,20-21; 3,31-35), encadre la réaction des scribes (3,22-30). Le passage doit donc être regardé dans son unité.
Dès le premier pas de Jésus au bord de la mer de Galilée, quatre disciples avaient répondu à son appel (1,14-20). Après son enseignement sur les rives du lac à Capharnaüm, il avait aussi appelé Lévi à le suivre (2,13-17). Le même scénario se répète maintenant : sitôt le rassemblement de la foule au bord de la mer, Jésus réitère ses appels et, cette fois, de manière plus large et publique.
Des quatre évangiles, celui de Marc est certainement le plus marin. Car ce n’est pas la première fois que nous nous trouvons au bord de ce lac que Marc préfère appeler mer de Galilée.
Est-ce un autre épisode ? Nous pourrions le penser. Cependant, la mention du sabbat nous invitera à lire ce récit dans la continuité du précédent.
Pourquoi traverser ces champs ? N'y a-t-il pas suffisamment de sentiers en Galilée ? Chez Marc, Jésus ne cessera de nous surprendre en prenant des chemins inattendus. Raccourci ou simple balade à travers champs, c'est toujours Jésus qui ouvre la marche à ses disciples sur des terrains improbables. 'Tracer droits ses sentiers' disait la voix (1,1)
C’est un récit qui semble venir on ne sait d’où. Se situe-t-il dans la suite de l’appel de Lévi ? Ou à un tout autre moment ? Ou bien est-ce une parenthèse intemporelle ? À bien y regarder, le récit précédent n’avait pas de fin telle qu’on s’y attend habituellement : aucune réaction des scribes, ni des disciples, ni des publicains, pas même de la foule. Or, ici, n’est-il pas encore question de pharisiens, de disciples et de repas ?
N’y aurait-il pas dans cet épisode comme un parfum de déjà-vu : le bord de mer, un appel, une réponse positive immédiate ? On croirait le récit de la vocation des premiers disciples se répéter. Marc joue ici avec les nuances et les oppositions. En ce bord de mer, Jésus enseigne. Et, comme toujours, des gens viennent à lui. Mais le verset suivant décrit une scène totalement différente.
Et nous voilà de retour à la maison de Capharnaüm après une pérégrination en Galilée. Cela aurait dû être, comme en toutes maisons, un temps de vie simple, familial et de repos bien mérité. Il en sera autrement.
Où sommes-nous exactement ? En Galilée, certes, mais précisément nous n'en savons rien. Cet épisode de la guérison du lépreux (Mc 1,40-45) intervient un peu comme une parenthèse, un épilogue transitoire, comme si nous arrivions au bout d'une première étape.
Après la synagogue du village, nous ne quittons pas Capharnaüm où nous allons passer une journée et une nuit, Marc égrenant pour nous les heures.
L'évangile de Marc est le plus désarçonnant et le passage ci-dessous (Mc 1,21-28) soulève plus d'interrogations que de réponses.