(14) Jour d’ivresse

Je ne saurais, encore aujourd’hui, décrire avec précision tout ce qui nous est advenu ce jour de la fête des Semaines. Non, que je ne m’en souvienne plus, mais ce que nous avons vécu tient plus de l’indicible.
Un récit fictionnel
Je ne saurais, encore aujourd’hui, décrire avec précision tout ce qui nous est advenu ce jour de la fête des Semaines. Non, que je ne m’en souvienne plus, mais ce que nous avons vécu tient plus de l’indicible.
Pourtant, ce Temple, malgré sa splendeur trouvait moins en moins grâce à mes yeux. Le faste qui s’y déroulait, m’apparaissait vain. Chaque jour je rechignais à m’y rendre avec les disciples.
Or, il arriva, alors que je me trouvais au Temple, sous le portique de Salomon, qu’un homme s’approcha. Je le reconnus : il était, comme moi autrefois, marchand d’épices et de vin.
Un soir, après la prière et le partage du repas, les onze se levèrent. Simon-Pierre prit alors la Parole pour nous faire part de leur intention de choisir un nouvel apôtre succédant à Judas.
Chaque jour, au Temple, beaucoup venaient à notre rencontre. Certains d’entre eux étaient de ceux qui avaient, un jour, écouté Jésus, admiré et bénéficié de ses signes et prodiges.
A l’approche de la fête de la fête des Semaines, notre présence à Jérusalem gênait les autorités pharisiennes comme les chefs du Temple.
Les jours qui suivirent furent plutôt calmes. Nous pouvions sortir sans trop de crainte : les soldats, les grands-prêtres paraissaient nous avoir oubliés.
C’est ainsi que je partis en quête de réponses. Je connaissais des hommes qui pourraient m’éclairer. Je me rendis d’abord auprès de Nicodème.
Lorsque Thomas me vit, il eut l’air surpris. Il me fit signe de sortir. Mais, étrangement, je ne savais que lui dire : par où commencer ?
Je partis ainsi à la recherche de Thomas sans savoir où il se trouvait. Je n’avais aucune affinité avec lui.
Le confinement et la promiscuité n’aidaient en rien notre petit groupe à retrouver l’unité que Jésus avait créée : les divisions se faisaient de plus en plus sentir.
Marie la magdaléenne qui était restée près du sépulcre vint nous prévenir : la nouvelle du tombeau vide s’était répandue dans toute la ville et les grands-prêtres inspectaient déjà les lieux.